- Jan 1, 2026
Concours de Rédacteur : La méthode "Impact 360" pour convaincre le jury (même si vous n’avez jamais travaillé en mairie)
- STEPHANE MURACCIOLE
- conseils pour l'épreuve orale
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Vous avez franchi l’étape des écrits. Félicitations ! Mais alors que la joie retombe, une boule au ventre apparaît : l’épreuve orale.
Face à vous, trois ou quatre examinateurs, souvent des cadres territoriaux ou des élus, qui vont scruter votre posture, votre répartie et votre connaissance de l'environnement territorial pendant 20 minutes chronométrées. Pour beaucoup de candidats — qu'ils soient jeunes diplômés ou en reconversion — cet exercice ressemble à une boîte noire.
En tant que DRH dans la fonction publique, j’ai vu défiler des centaines de candidats. J’ai vu des profils brillants sur le papier s’effondrer par manque de préparation, et des candidats "moyens" décrocher leur ticket d'entrée grâce à une posture irrésistible.
Quelle est cette "recette magique" qui fait dire à un jury : "C’est cette personne qu’il nous faut" ?
1. La présentation des 5 minutes : Votre bande-annonce de film
L'oral commence souvent par une présentation de 5 minutes. C'est ici que tout se joue. Si vous ennuyez le jury d'entrée de jeu, vous passerez les 15 minutes restantes à essayer de remonter la pente.
L’erreur classique : Le CV chronologique
"J'ai eu mon bac en 2010, puis j'ai fait une licence, puis j'ai travaillé chez X..." Le jury s'en moque. Ils ont votre dossier sous les yeux. Ce qu'ils veulent, c'est de la cohérence et de la valeur ajoutée.
La stratégie gagnante : Le "Fil Rouge"
Transformez votre parcours en une suite logique qui mène inévitablement au cadre d'emplois de rédacteur.
Pour le jeune diplômé : Mettez en avant vos stages sous l'angle des compétences acquises (rigueur, rédaction, sens du service public). Pensez toujours à donner des exemples.
Pour le profil en reconversion : Valorisez vos "soft skills". Un ancien commercial possède des capacités de négociation et de gestion de projet précieuses pour une collectivité.
Question pour vous : Si vous deviez résumer votre carrière en un seul mot-clé (ex: Organisateur, Médiateur, Expert), lequel choisiriez-vous ?
2. Maîtriser les "Incontournables" (Sans devenir un dictionnaire)
Le rédacteur est le pivot administratif de la catégorie B. On attend de lui qu'il connaisse son environnement, mais surtout qu'il comprenne les enjeux.
Les piliers de la culture territoriale
Ne révisez pas seulement des dates. Comprenez les mécaniques :
La Décentralisation : Pourquoi a-t-on transféré des compétences de l'État aux collectivités ?
Les Finances Publiques : D'où vient l'argent (impôts, dotations) et comment est-il dépensé ?
La Transition Écologique : C'est le sujet brûlant. Comment une mairie peut-elle agir concrètement ?
L'anecdote du DRH : J'ai un jour interrogé une candidate sur les droits et obligations des fonctionnaires. Elle les connaissait par cœur, mais était incapable de m'expliquer le sens du "devoir de réserve" dans une situation concrète de conflit. Le jury préfère une explication intelligente à une récitation robotique.
3. Savoir répondre aux mises en situation : La méthode "Sécurité & Bon sens"
C’est souvent la partie la plus redoutée : "Votre supérieur vous demande d'exécuter une tâche illégale, que faites-vous ?" ou "Un usager vous insulte au guichet, quelle est votre réaction ?"
La controverse du "Désobéir ou pas ?"
Il existe souvent un débat sur la hiérarchie. Certains pensent qu'il faut toujours obéir, d'autres qu'il faut dénoncer immédiatement.
La neutralité du rédacteur : Vous devez montrer que vous connaissez l'article L121-10 du Code général de la fonction publique : on doit obéir, sauf si l'ordre est manifestement illégal ET de nature à compromettre gravement un intérêt public.
Le conseil d'expert : Ne soyez jamais tranché ou agressif. Proposez toujours le dialogue en premier. Le jury cherche à évaluer votre tempérance.
Pour en savoir plus, je vous invite à regarder cette vidéo :
4. La posture : L'art de la communication non-verbale
On ne convainc pas seulement avec des mots.
Le regard : Ne fixez pas uniquement celui qui pose la question. Balayez l'ensemble du jury.
Le sourire : Même si vous êtes stressé, un visage ouvert dégage de la confiance.
Le silence : Une pause de 2 secondes avant de répondre montre que vous réfléchissez. C’est un signe de maturité.
5. Pourquoi vous ? (La question qui tue)
En fin d'entretien, le jury peut vous demander : "Avez-vous quelque chose à ajouter ?" ou "Pourquoi devrions-nous vous choisir plutôt qu'un autre ?"
C’est votre "Closing Statement". Ne dites pas "Je n'ai rien à ajouter". C'est une occasion manquée ! Dites plutôt : "J'aimerais souligner ma forte motivation pour accompagner les mutations actuelles de la fonction publique, notamment sur la dématérialisation, un sujet qui me passionne..."
Étude de cas : Le candidat "Caméléon"
L’année dernière, un candidat issu du secteur privé (banque) passait le concours. Il craignait d'être jugé "trop mercantile". Pendant l'oral, il a su expliquer comment sa rigueur de gestionnaire de comptes allait aider la collectivité à optimiser son budget. Il n'a pas renié son passé, il l'a traduit en langage administratif.
Conclusion : L'oral se prépare dès aujourd'hui
Convaincre un jury de rédacteur n'est pas une question de chance. C’est une question de préparation stratégique et de posture professionnelle. Vous n'êtes pas là pour demander une faveur, mais pour proposer vos compétences au service de l'intérêt général.
Souvenez-vous : le jury n'est pas votre ennemi. Ce sont vos futurs collègues qui cherchent à être rassurés sur votre capacité à intégrer leurs équipes.
Et vous, quelle est la question qui vous fait le plus peur pour votre oral ? Partagez-la en commentaire, et je me ferai un plaisir de vous donner une piste de réponse !